Ma perception de la vie thème les Corps énergétiques (suite)
- Samuel Bardeur
- 18 juil.
- 3 min de lecture

Le corps spirituel et le retour à notre nature véritable
Dans le silence intérieur, quelque chose en nous demeure plus ancien que nos histoires et plus vaste que nos défenses. Sous le bruit des pensées, sous les récits que nous entretenons sur nous-mêmes, sous les tensions qui cherchent à nous protéger, une présence plus fine continue de respirer. Le corps spirituel nous en approche avec douceur : il est le lien le plus direct avec notre essence profonde, non pas comme une idée abstraite, mais comme une réalité vécue, intime, immédiatement sensible, là où la vie en nous ne se réduit ni aux mots, ni aux formes, ni aux rôles que nous habitons.
Au-delà des rôles et des identifications
Il existe en nous une simplicité qui ne se laisse pas enfermer. Bien souvent, le moi se resserre autour de la personnalité qu’il construit, des croyances qu’il défend, des images sociales qu’il veut préserver et des appartenances auxquelles il se rattache pour se sentir réel. À force de s’identifier à ces formes passagères, il finit par croire qu’il est ce qu’il projette, ce qu’il protège ou ce qu’il redoute de perdre. Pourtant, au-delà de ces couches successives, demeure une présence libre, discrète et immuable. Cette part essentielle ne dépend pas de ce que nous montrons au monde ni de ce que nous avons édifié pour nous protéger ou nous définir.
Elle ne cherche pas à paraître. Elle ne se durcit pas pour être reconnue. Elle n’a pas besoin de se comparer, de se justifier ou de se défendre. Elle est simple, vaste, paisible ; et dans cette simplicité même se trouve une liberté que rien ne peut vraiment atteindre, parce qu’elle ne repose sur aucune construction.
Présence, conscience, ouverture
Nous ne sommes pas seulement ce qui se voit. Nous sommes aussi cette attention vivante qui accueille, cette conscience qui ressent, cette présence capable de demeurer là sans se fermer. En nous ouvrant à cette dimension, nous découvrons une profondeur plus large que les réactions immédiates, plus vaste que les opinions que nous répétons et plus silencieuse que les jugements qui nous traversent. Il y a en nous une disponibilité intime à quelque chose de plus grand que nous, et cette disponibilité n’écrase rien : elle écoute, elle reçoit, elle relie.
Lorsque nous nous souvenons de cette dimension, nous cessons peu à peu de nous confondre avec nos masques, nos habitudes et nos conditionnements. Ce souvenir agit comme une respiration intérieure : il desserre les réflexes, adoucit les rigidités, remet de l’espace là où tout semblait figé. Alors apparaît une liberté plus vraie : non pas celle qui fait ce qu’elle veut, mais celle qui n’est plus soumise à la peur de perdre une identité fabriquée, une liberté qui naît de la reconnaissance tranquille de ce que nous sommes déjà au plus profond.
Ce qui demeure intact
Le corps spirituel nous ramène à ce qui reste intact lorsque tout vacille. Quand les circonstances se défont, quand les certitudes se troublent, quand la fatigue ou la douleur occupent tout l’espace, il demeure en nous une profondeur silencieuse qui ne se brise pas. Elle ne nie pas la souffrance, mais elle l’englobe sans se perdre en elle. Elle garde au fond d’elle une stabilité discrète, comme une source souterraine qui continue de couler même lorsque la surface est agitée.
Il y a aussi une appartenance à la vie qui ne se retire jamais tout à fait. Même dans les moments d’éloignement, quelque chose en nous reste lié à l’élan vivant qui nous traverse. Et, plus secrètement encore, il existe une fidélité à notre nature essentielle : elle demeure là, patiente, même lorsque nous l’avons oubliée, même lorsque nous nous sommes éloignés d’elle par habitude, par peur ou par oubli de nous-mêmes.
Conclusion
Revenir à notre vraie nature n’est pas devenir autre chose : c’est consentir à ce qui, en nous, n’a jamais cessé d’être vrai. C’est moins une conquête qu’un rappel, moins une fabrication qu’une mémoire qui se rouvre. Peu à peu, nous cessons de chercher à nous inventer, à nous corriger ou à nous surpasser pour enfin laisser apparaître ce qui était là depuis toujours, discret mais fidèle, enfoui mais vivant.
Dans cette reconnaissance, quelque chose se dépose. Le cœur s’apaise. L’être se rassemble. Les tensions perdent un peu de leur pouvoir, les divisions s’atténuent, et la présence retrouve sa place au centre. Alors nous comprenons que la paix n’était pas loin ; elle attendait simplement que nous cessons de nous éloigner de nous-mêmes, afin de redevenir, dans la simplicité d’un cœur revenu à l’essentiel, ce que nous avons toujours été.




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